mercredi 13 mars 2024

Jean-Louis GAUTREAU nous a quittés


Ce blog « Notes de musées » vous permet de visiter les Musées des Beaux-Arts de province. Vous êtes encore nombreux à venir trouver ou revoir des œuvres que Jean-Louis GAUTREAU a sélectionnées. Il disait qu’il contenait « plus de 200 musées (…) et plus de 9 000 photos. »

Mais la maladie a figé ses doigts trop loin de son appareil photo et de son clavier pour qu’il continue à alimenter ce précieux outil de connaissance des contenus des musées de nos belles provinces.   

Nous avons la tristesse 

de vous annoncer 

que Jean-Louis 

nous a quittés 

le 8 août 2023. 

Il venait d’avoir 80 ans.

Nous essaierons de maintenir cet espace virtuel en place, mais nous sommes incapables de poursuivre son expansion, puisque nous ne disposons pas de ses extraordinaires capacités à courir à travers notre pays pour y recenser les œuvres dispersées, les apprécier et enfin vous les proposer. 



Durant ses obsèques, cinq interventions ont permis de cerner l’homme qu’il fut :

  • Son neveu Gérard FREY, qui avec le concours de sa sœur Pascale, nous offrit un éclairage familial (consulter ce texte).
  • Le général Abel MOITTIÉ, président de l’association des Amis de Roger Toulouse, dont Jean-Louis, qui en était vice-président, fut «la cheville ouvrière» (voir l'intervention). 
  • Claude VIVIANI, président de l’ACORFI, association dont Jean-Louis était membre du conseil d’administration et brillant conférencier chaque année depuis 2010 (lire le texte)
  • Monique MUSSON, présidente des Amis des musées d’Orléans. Jean-Louis fournissait à la revue de cette association chaque année un article, dont voici la liste.
  • Corentin DURY, conservateur du patrimoine au Musée des Beaux-Arts d’Orléans, a évoqué entre autres, son intérêt pour ce blog avant son arrivée à Orléans et ensuite sa surprise de rencontrer son auteur dans la cité.

 

Trois articles de presse complétent ce panorama :

  • «Disparition : Jean-Louis Gautreau, grand mécène du musée des Beaux-Arts d’Orléans, s’est éteint», un article de la République du centre, publié le 18 août 2023. Article mis en ligne avec l'aimable autorisation du journal d’Orléans. (Accéder au texte
  • «Jean-Louis Gautreau n’est plus», un article daté du 10 août 2023, de MagCentre.frla revue en ligne de la région Centre-Val de Centre (rejoindre la page web).
  • Un texte d’Olivia VOISIN, directrice des Musées d’Orléans [qui accompagnait l'énoncé des treize articles rédigés par Jean-Louis GAUTREAU (voir plus haut)] dans le bulletin n°43 des Amis des Musées d’Orléans. (suivez ce lien)

  

Merci Jean-Louis…


samedi 25 mars 2023

FONTEVRAUD - Abb - MAM

Entrée de l’Abbaye - Cour intérieure et bâtiment de la Fannerie

Visite de l'abbaye et du Musée d'Art Moderne, le jeudi 16 mars 2023

Musée d'Art Moderne

Édifié vers 1786, le bâtiment dit de la Fannerie, est l’un des tout derniers construits du temps du fonctionnement de l’abbaye de Fontevraud. Son nom est à mettre en relation avec le stockage du foin nécessaire aux chevaux, et il fait à l’origine partie d’un ensemble de bâtiments consacrés aux écuries et équipages du complexe monastique.

Sans affectation depuis près d’un siècle, les espaces intérieurs étaient dans un état d’abandon, et attendaient un projet de réaffectation.

D’importants travaux de restauration des extérieurs ont été réalisés en 2008, précédés d’une étude d’archéologie du bâti en 2002. La création du  Musée d’Art Moderne, collections nationales Martine et Léon Cligman, vient donc à point nommé.

Le 23 juillet 2018, l’État a reçu de Martine (née en 1932) et Léon Cligman (26 mai 1920-15 mai 2022), pour la Région des Pays de la Loire, le don de 561 œuvres. Une seconde donation à la Région d’environ 300 objets a suivi en 2019. Cet ensemble constitue le fonds de la collection du musée d’Art moderne de Fontevraud, inauguré le 19 mai 2021.

Martine Lévy est elle-même fille de collectionneurs. Élevée parmi les toiles de Maurice de Vlaminck, de Raoul Dufy et de Chaïm Soutine, les sculptures d’Auguste Rodin et les dessins de Degas, Martine ne pouvait que s’engager très jeune vers les chemins de la création et avoir aussi l’envie de les collectionner.

Lorsqu’elle rencontre Léon Cligman au sortir de la guerre, le jeune homme, brillant élève de l’École supérieure de commerce, et Résistant à l’âge de vingt ans, entame une carrière d’industriel dans le domaine du textile, une activité qu’il poursuivra avec succès dans les sociétés qu’il crée ou rachète, dont Newman, Saint Laurent Rive Gauche, Christian Lacroix ou Lacoste sont les marques phares.

Mariés en 1954, Léon et Martine Cligman décident de suivre la tradition familiale et commencent à acquérir les objets qui constitueront leur environnement quotidien pendant toute leur vie : attirés par les expressions d’une modernité classique, ils collectionnent les tendances figuratives de l’art de l’entre-deux-guerres comme les artistes venus d’Europe de l’Est qui participèrent, dès le début du 20e siècle, à la vitalité de l’École de Paris.

Entrée de l'abbaye et du musée

Édouard Goerg (1893-1969) : Les Jeunes Filles (1928)

Germaine Richier (1902-59) : La Vierge folle (1946)

Pérou : Masque funéraire céphalomorphe (culture Chancay - 900-1200). Bois

 

Germaine Richier : La Feuille (1948 - à gauche)

Germaine Richier : L’Homme des bois (1979)

Pérou : Masque funéraire céphalomorphe (culture Chancay - 900-1200). Bois

Pierre Puvis de Chavannes (1824-98) : Portrait de Forget en costume espagnol (1854)

Antoine Chintreuil (1814-73) : Troupeau dans la prairie (c. 1850)

Jean-Achille Benouville (1815-91) : Paysage d’Italie (c. 1865 - en bas)

Paul Guigou (1834-71) : Pâturage en Ile-de-France (1865 - à droite) 

Eugène Carrière (1849-1906) : Nature morte à la théière (c. 1887)

Jacques-Emile Blanche (1861-1942) : Portrait de Charlotte Aman-Jean (1917)

François Bonvin (1817-87) : Chez Grand-père (c. 1860)

Jean-Baptiste-Camille Corot (1796-1875) : Intérieur de Cuisine à Mantes (1855-60)

Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) : Toulouse-Lautrec, de dos (c. 1884)

Ce brouillard qui masque une partie du tabouret sur lequel le peintre est assis, ne se comprend que grâce à l’inscription sur la toile blanche qu’un repeint de pudeur a longtemps atténué : « Oh, que ce pet pue ! ».

Eugène Carrière : Portrait de la fille de l’artiste (c. 1890 - à gauche)

Eugène Carrière : Portrait de la femme de l’artiste (c. 1890)

Edgar Degas (1834-1917) : Danseuse regardant la plante de son pied droit (c. 1890-1900). Bronze

Edgar Degas : Femme surprise (1896 - à droite). Bronze

Jean-Louis Forain (1852-1931) : Le Peintre (1907)

Eugène Carrière : Mère et Enfant (1885)

 

Charles Laval (1862-94) : Portrait de Frédéric Satre (1889 - à gauche)

Maurice Denis (1870-1943) : Le Balcon de Silencio au soleil couchant (1911)

Paul Sérusier (1864-1927) : Paysage mauve : Châteauneuf-du-Faou (c. 1917 - centre)

Jacques-Emile Blanche : Intérieur (1912 - à droite)

Albert Marquet (1875-1947) : Le Quai des Grands-Augustins (1905)

Kees Van Dongen (1877-1968) : Tête de Gitane (c. 1910 - au centre)

Egypte : Masque funéraire féminin (1er- IIe s.). Stuc peint

 

Roger de La Fresnaye (1885-1925) : Environs de Munich : Bogenhausen (1909-10)

Roger de La Fresnaye : L’Homme buvant et chantant (1910)

André Mare (1885-1932) : Le Pont d’Alby-sur-Chéran (c. 1910)

André Mare : Le Cheval près de la Ferme (1922)

 

Les Verreries de Maurice Marinot (1882-1960). Importante collection

 

Maurice de Vlaminck (1876-1958) : Inondation à Ivry (1910)

Mali : Coiffe Tyi Wara (Bambara). Bois

Mexique : Statuette de personnage assis (4e-5e s.). Terre cuite

 

Roger de La Fresnaye : Grande nature morte aux Tasses blanches (1910)

Roger de La Fresnaye : Nature morte à la Bouilloire (c. 1911)

Henry de Waroquier (1881-1970) : Vue sur le Lac de Côme (1912)

Maurice Marinot : Au Maroc, Femme arabe (1917)

Maurice Marinot : Au Maroc (1917 - à droite)

Maurice Marinot : Au Maroc (1917)

Statue d’Orant assis (Sumer – 2300 avt-JC). Pierre volcanique

 

Germaine Richier (1902-59) : L’Échiquier – Le Roi, la Reine, Le Cavalier, le Fou, la Tour (1959). Bronze

Bernard Buffet (1928-99) : Vue de Manhattan (1958)

Longue de 3,30 m, la plus grande peinture de la collection du musée d’Art moderne de Fontevraud est impressionnante. Réalisées après un voyage de Bernard Buffet aux États-Unis en compagnie de Christian Dior et de Pierre Bergé, plusieurs de ces toiles ont servi de décor à des photographies de mode publiées dans le célèbre magazine Harper’s Bazaar en 1959.

Bernard Buffet (1828-99) : Nature morte aux deux Bouteilles (1956)

 

En noir et blanc – cabinet d’art graphique. Collection de dessins

Edgar Degas (1834-1917) : La Repasseuse (1884). Crayon

Émile Bernard (1868-1941) : Vue de la ville de Sienne (1920-30)

 

Le musée imaginaire

Cambodge : Torse de Bodhsattva Lokesvara (culture Kmère – 12e-13e s.). Grès

Cambodge : Tête de divinité (culture Khmère, style Koh Ker – 10e s.). Grès

Bavière (c. 1560) : Élément de retable Tilleul

Italie (15e) : Saint Roch. Bois

Japon : Bishamonten (Epoque Heian – 11e-12e). Le plus puissant des Rois du ciel qui protègent les quatre directions des temples bouddhistes.

France (14e-15e) : Vierge à l’enfant. Bois polychrome

Nigéria : Masque Gélédé (Yoruba – fin 19e). Bois

Bénin : Plaque décorative murale (peuple Edo – 16e-17e). Bronze (à gauche)

Ghana : Tête funéraire (Ashanti – 18e-19e). Terre cuite

 

Amédée de La Patellière (1890-1932) : La Main auprès de la table (1927)

César Baldaccini, dit César (1921-98) : Trois Masques (Tête à têtes) (1972). Bronzes

Mascaron du Pont-Neuf à Paris (17e ou 19e). Pierre

Pérou : Pectoral en forme de Jaguar (1er-6e s.). Cuivre repoussé et or

Mésopotamie du sud (culture sumérienne) : Tête de prince sumérien (2120-210 avt-JC). Diorite verte

 

Salle des tapisseries – Animaux légendaires

Sumatra (peuple Batak) : Tête de singe. Bois

Jean Lurçat (1892-1966) : Le Coq (1952). Tapisserie d’Aubusson

Jean Lurçat : Menuhim 1954). Tapisserie d’Aubusson

Jean Lurçat : Esculape accueille les signes de la poésie (1941). Aubusson

Charles Dufresne (1876-1938) : Lion attaquant (1925)

Charles Dufresne : Le Rêve

 

Duilio Barnabé (1914-61) : Pierrot (c. 1861)

Duilio Barnabé : Nature morte (c. 1959)

Robert Delaunay (1885-1941) : Femme au marché (Portugal) (1915)

Georges Rouault (1871-1958) : Scène biblique (1946)

Charles Dufresne (1876-1938) : Nature morte à la Guitare (1920)

Juan Gris (1887-1927) : Les Mots croisés (1925)

Tal Coat (1905-85) : La Table servie (1942)

André Derain (1880-1954) : Nature morte à la Bouteille (c. 1938)

André Derain : Le Poète (1913)

André Derain : Portrait de Gitan (1930)

André Derain : Nature morte au Panier et fruits

Édouard Goerg : Le Bal nègre (1921)

Auguste Chabaud (1882-1955) : La Fête populaire (c. 1925)

Amédée de La Patellière (1890-1932) : Nature morte au ciel d’orage (1927)

Amédée de La Patellière : La Conversation dans l’atelier (1927)

Marcel Gromaire (1892-1971) : L’Antiquaire (1922)

Henry de Waroquier (1881-1970) : La Ville sur le Var (Entrevaux) (1921)

Jean Fautrier (1898-1964) : Émilienne (1925)

Georges Rousse (1947-) : Peinture préparatoire à la photographie (1984)

 

L’École de Paris

Georges Kars (1882-1945) : Les Perroquets verts (1935 - au centre). Plusieurs œuvres

Michel Kikoïne (1892-1968) : Autoportrait (1930)

Michel Kikoïne : Le Village aux Toits rouges (c. 1922)

Chaïm Soutine (1893-1943) : Les Oranges sur fond vert (1916)

Chaïm Soutine : Nature morte au Pain et au Poisson (1922)

Mikhaïl Larionov (1881-1964) : Le Bouquet (c. 1909)

Émile Othon Friesz (1879-1949) : Baigneuses, Le Havre (1921)

Émile Othon Friesz : Le Port de Toulon (1929)

Jean Pougny (1892-1956) : Le Tramway (1946)

Jean Pougny : La Façade - Le Boulevard (1946)

Jean Pougny : Nature morte au Masque (c. 1953)

Jean Pougny : Arlequin au loup blanc – Le Fiacre

 

Collection de bols japonais (17e-19e s.)

 

Atelier d’artiste de Martine Cligman, dite Martine Martine (1932-)

Auguste Rodin (1840-1917) : Buste de Balzac (1892). Bronze

Raoul Dufy (1877-1943) : L’Atelier de la rue Jeanne d’Arc (1942)

Maurice Marinot (1882-1960) : Le Modèle dans l’atelier (1905)

Bernard Buffet : Atelier de Manine (1956) (Propriété de Manimes à Domont (95) ?)

Martine Martine : Le Grand Cheval-Homme (2007). Bronze

Martine Martine : La Naufragée (1978). Bronze. Et nombreuses autres œuvres…

La collection est aussi composée de nombreuses petites œuvres provenant de cultures diverses : objets africains, précolombiens, provenant d’Océanie, ainsi que d’Extrême-Orient.

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Et quelques photos de l’abbaye royale de Fontevraud

Fondée en 1101 par le moine Robert d’Abrissel, aux confins des provinces de l’Anjou, du Poitou et de la Touraine, l’Abbaye royale de Fontevraud est la lus grande cité monastique de France.

Elle doit notamment sa puissance aux Plantagenêt et à ses liens étroits avec Aliénor d’Aquitaine, figure emblématique de ce lieu si mystérieux. La reine de France, puis d’Angleterre, entretient en effet une relation particulière avec la cité. Son gisant trône aujourd’hui encore au cœur de l’abbatiale aux côtés de ceux de son époux Henri II et de son fils Richard Cœur de Lion. Le quatrième gisant est celui d’Isabelle d’Angoulême, épouse de Jean sans Terre, qui régna après la mort de son frère Richard 1er. Cinquième et dernier fils du roi Henri II, il n’était pas destiné à régner, c’est pourtant lui qui assura la descendance de la dynastie des Plantagenêt. Après la mort de son mari, Henri (en 1189), et de son fils, Richard (en 1199), Aliénor se retire à l’abbaye à partir de 1200 et commande les tombeaux. Elle meurt en 1204 à l’âge de 82 ans.

Plus que nul autre lieu, l’Abbaye Royale de Fontevraud est aujourd’hui reconnue comme la nécropole de la dynastie régnante en Angleterre de 1154 à 1485.

Façade de l’abbatiale

Nef de l’abbatiale

Tombeaux des rois et reines d’Angleterre

Tombeaux d’Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine

Tombeau d’Aliénor

Tombeau de Richard Cœur de Lion et d’Isabelle d’Angoulême

Cloître du Grand-Moûtier

Entrée de la salle capitulaire

Salle capitulaire

Suite des fresques de la salle capitulaire : Les peintures de la salle ont été réalisées par Thomas Pot vers 1565. Elles représentent la Passion du Christ jusqu'à la Dormition de la Vierge, en 10 scènes.

Le Lavements des pieds (avant de se mettre à table pour la Cène)

Le Baiser de Judas

La Crucifixion

La Descente de Croix

La Mise au Tombeau

La Résurrection du Christ

Les célèbres cuisines romanes