dimanche 24 avril 2016

10c - Etude d'un tableau de Léon Cogniet



Une belle toile néoclassique de Léon Cogniet au musée d’Orléans
« Briséis pleurant Patrocle »

par Jean-Louis Gautreau

Léon Cogniet (1794-1880) : Briséis pleurant Patrocle. Huile sur toile. 1,13 x 1,46 m. Deuxième prix de Rome en 1815.
Provenance de l’œuvre
Léon Cogniet est décédé le 20 novembre 1880 ; le 29 janvier 1883, sa veuve, Caroline Cogniet, fait un premier don de deux tableaux au musée des Beaux-Arts d’Orléans:
-Un élégant « Autoportrait, effet de lampe » (1840), montrant le peintre coiffé d’une casquette, et vêtu d’une chemise et d’un gilet blancs.
-et le tableau qui nous intéresse : « Briséis pleurant Patrocle » (1815)

Ce don est probablement symbolique. Il semble naturel que Mme Cogniet offre le bel autoportrait de son mari. Quant au second tableau, Cogniet l’avait toujours conservé, et il devait considérer que cette œuvre était importante, ne serait-ce que sur le plan affectif, bien qu’elle lui rappelât son premier échec au Prix de Rome.
Mais ce don annonce une autre décision. Léon Cogniet n’était pas Orléanais, mais les liens d’amitié qui avaient uni le peintre et le directeur du musée, Eudoxe Marcille (1814-1890), valurent à la ville un spectaculaire enrichissement. Mme Cogniet, certainement en accord avec son mari, a décidé de léguer tout le fonds d’atelier du peintre. Par son testament du 12 juin 1891, Catherine, dite Caroline Thévenin, veuve du peintre Léon Cogniet, léguait sans condition, à sa sœur Rosalie, l’ensemble de ses biens. Le tout devant revenir au musée d’Orléans à la mort de celle-ci.
Caroline décéda le 14 février 1892 à midi. Sa sœur ayant confirmé le testament le même jour à 21h, mourut le lendemain à 4h du matin.
Au printemps 1892, 16 caisses, contenant 1 240 dessins et 167 peintures, furent déposées au musée des Beaux-Arts d’Orléans.

Le peintre
Léon Cogniet est un artiste-peintre et lithographe néoclassique et romantique. Il entre en 1812 à l'École des Beaux-Arts de Paris où il est l'élève de Pierre-Narcisse Guérin (1774-1833), aux côtés d'Eugène Delacroix et de Théodore Géricault.
Le 29 juillet 1815, les membres de la Classe des Beaux-Arts de l’Institut décernent le premier Grand Prix de Rome à Jean Alaux avec « Briséis pleurant Patrocle ». Léon Cogniet, qui n’a que 20 ans, doit se contenter du Second Prix (tableau d’Orléans).
Après un second échec en 1816 avec « Œnone refusant de secourir Pâris blessé » (musée de Fécamp), son « Hélène délivrée par Castor et Pollux » (Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris) lui vaut le Prix de Rome en 1817. Il est pensionnaire de l'Académie de France à Rome de 1817 à 1822. Il est accompagné de son ami le peintre Achille-Etna Michallon (1), premier lauréat du « Prix de Rome de paysage historique », une catégorie nouvellement créée.
Le succès lui sourit à son retour en France, au Salon de 1824 où Delacroix expose « Scène de Massacre de Scio ». Cogniet montre une Scène du « Massacre des Innocents » (musée de Rennes) (2), où sa peinture se détache du néo-classicisme et de ses canons idéaux.
En 1828, il reçoit la commande d’une toile destinée à un plafond de la galerie Campana au musée du Louvre : « Expédition d’Egypte sous les ordres de Bonaparte » (œuvre achevée en 1835). (3)
Son plus grand succès lui vient en 1843 avec Le Tintoret peignant sa fille morte (musée des Beaux-Arts de Bordeaux) (4), après quoi il se consacre principalement aux portraits et à l'enseignement. Il est professeur de dessin à Paris au Lycée Louis-le-Grand de 1831 à 1876, et à l'École polytechnique de 1847 à 1861, et il nommé professeur de peinture à l'École des Beaux-Arts de Paris en 1851. Il en démissionne en 1863 après avoir enseigné à plusieurs générations d'artistes.

(1) Le musée d’Orléans conserve plusieurs études peintes de Michallon réalisées en Italie, et son portrait par Léon Cogniet.
(2) Plusieurs études préparatoires peintes de cette œuvre sont visibles au musée d’Orléans.
(3 Plusieurs études préparatoires peintes de cette œuvre sont conservées au musée d’Orléans.
(4) Plusieurs études préparatoires peintes de cette œuvre sont visibles au musée d’Orléans.

Le sujet
Cet épisode de la guerre de Troie est tiré de « L'Iliade » : Pour se dédommager de la perte de Chryséis, Agamemnon s'empare d'une autre captive troyenne, Briséis, protégée de Patrocle, et aimée d’Achille. Furieux, ce dernier se retire sous sa tente, et refuse de combattre. Les Grecs sont en danger. Agamemnon envoie des présents à Achille, et propose de lui rendre Briséis, sans succès. Patrocle, ami d'Achille, lui demande de le laisser combattre. Il prend les armes d'Achille. Imprudent, il est tué au cours d’un duel acharné contre Hector, l’un des fils de Priam. Briséis se jette sur le corps de Patrocle, accablée de douleur. Achille décide alors de reprendre le combat contre les Troyens. Il tuera Hector, et sera mortellement blessé par Pâris. Le tableau décrit le moment où Achille décide de reprendre les armes à la vue de son ami mort.

Dans quelles circonstances cette toile a-t-elle été peinte ?
En 1815, Léon Cogniet se présente Grand Prix de Rome pour la première fois. Les meilleurs élèves de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris se présentent à ce concours prestigieux qui se déroule en trois étapes.
1-La première épreuve consiste à réaliser une esquisse peinte à l’huile sur un sujet d’histoire biblique ou mythologique.
2-La deuxième épreuve est une étude de nu d’après un modèle masculin.
3-Au cours de la troisième épreuve, un nouveau sujet est donné aux candidats qui doivent réaliser une esquisse sur papier, et une grande peinture à l’huile sur toile de 113 x 146 cm.
Le format de la toile de Cogniet correspond aux dimensions habituelles des toiles utilisées pour la dernière épreuve du Grand Prix de Rome.

Pourquoi certaines parties de la toile sont-elles restées inachevées. ?
En effet, dans l’angle inférieur droit, plusieurs éléments sont restés à l’état d’esquisse : le glaive, le bouclier, l’armure, et le casque d’Achille, le drap sous la tête de Patrocle, et le montant du lit.

Cette année-là, le concours du Prix de Rome s’est déroulé pendant une période de grande agitation politique : les « Cent Jours » (1er mars 1815 – 22 juin 1815). L’Empereur débarque à Golfe-Juan le 1er mars.
1- Le sujet de la première épreuve est donné le 13 mars (Napoléon 1er est à Lyon). Le 19 mars, Louis XVIII part en exil. Le 20 mars, Napoléon arrive aux Tuileries.
2- Les résultats de la deuxième épreuve sont publiés le 27 mars.
3- Le sujet définitif de la troisième épreuve : « Briséis pleurant Patrocle » est donné le 31 mars. Cette épreuve durait 72 jours, les toiles ont dû être remises vers la mi-juin. L’Empereur a abdiqué le 22 juin.

La troisième phase du concours a été fréquemment interrompue par les évènements politiques qui agitèrent la capitale. Même si les élèves étaient coupés du monde, ils recevaient certainement des informations qui devaient perturber leur travail. Les prises de position politique n’étaient probablement pas absentes de leurs préoccupations. Ceci explique l’inachèvement partiel de la toile de Cogniet.

Etude de l’œuvre
Ce tableau typiquement néoclassique, est presque un archétype. Il correspond fidèlement à l’enseignement de Jacques-Louis David, transmis par Guérin, le maître de Cogniet. A ce titre, cette toile a été parfois jugée assez « scolaire ».
Selon les règles initiées par David :
-L’action principale se réfère à l’antiquité gréco-romaine.
-La composition est théâtralisée. La scène représente le moment de la plus extrême tension : Achille sort de sa réserve, et décide de partir venger son ami.
-Les éléments principaux de la  composition sont répartis entre verticalité et horizontalité. Les cinq hommes debout, rassemblés dans le tiers gauche, marquent la verticalité, tandis que les deux personnages de droite suivent plutôt un mouvement horizontal (le corps de Patrocle est horizontal).
-Le héros qui se détache du groupe de gauche est représenté nu (nu héroïque). Achille est le seul personnage qui se distingue de cette façon.
-Les couleurs sont un camaïeu de brun, et d’ocre souligné par des taches de rouge « davidien » (rouge vermillon).

Nous pouvons dénombrer dix personnages et deux silhouettes féminines à peine discernables (à droite).
A gauche, se dressent cinq personnages qui expriment la tension. Achille, le regard fixe, comme halluciné, se détache des quatre hommes vêtus. Son poing gauche est serré, de sa main droite, il semble repousser le bras de l’homme âgé qui tente peut-être de le retenir (Cet homme est probablement Nestor à qui Achille avait remis le prix de la sagesse). Tout cela exprime la colère intérieure d’Achille et sa détermination à venger son ami mort. La nudité du héros est idéalisée, son glaive sert de cache-sexe comme dans les célèbres tableaux de David : L’Intervention des Sabines (1799 – Louvre), et Léonidas aux Thermopyles (1814 - Louvre).
A droite, le groupe Patrocle-Briséis s’oppose à cette verticalité. Le corps de Briséis exprime un état d’abandon, il suit une longue courbe souple qui part du milieu inférieur du tableau et enveloppe le corps gisant de Patrocle, couché horizontalement.
A l’arrière plan, nous distinguons plusieurs femmes éplorées.
Les armes d’Achille, rassemblées dans l’angle inférieur droit, forment une belle nature morte, et viennent consolider la composition en équilibrant le groupe vertical de gauche.

Les emprunts de Cogniet
-Le groupe de Briséis et Patrocle est une citation littérale de « Andromaque pleurant Hector mort » de Gavin Hamilton (1758 - Edimbourg, The National Gallery of Scotland)
-Pour la composition du sujet central, Cogniet s’est également inspiré d’un dessin connu (ou la gravure) de John Flaxman représentant « Achille pleurant sur le corps de Patrocle » (1793). Le peintre a remplacé Achille par Briséis, dans la même position. Sur ce dessin, on retrouve la présence du casque et du bouclier.
-La femme affligée assise au second plan, au centre de la composition, doit beaucoup à la Camille du « Serment des Horaces » de David.

Les couleurs
Le rouge davidien appartient à Achille. A gauche de la composition, le manteau d’Achille et ses chaussures sont de cette couleur. A droite, la crête du casque et des éléments de l’armure devaient reprendre cette couleur. Deux personnages sont vêtus de rouge sombre. Des reflets rouges apparaissent sur le drap, au niveau des pieds de Patrocle. Le groupe central est traité dans un camaïeu d’ocres et de blancs.

Le fonds graphique du musée d’Orléans conserve un certain nombre d’études pour ce tableau :
-Une étude à l’huile sur papier (28 x 38cm), dans un mauvais état de conservation, est probablement le modello préparatoire au tableau final.
-Un ensemble intéressant de six dessins illustrent les étapes du travail de conception. Deux dessins sont des études montrant Briséis couchée sur le corps de Patrocle. Deux autres dessins sont des études de la composition d’ensemble. Un autre est une étude aboutie de la tête de Briséis, et le dernier dessin est une belle étude du vêtement du personnage âgé (Nestor), debout à l’extrême gauche. Les quatre derniers dessins sont rehaussés de blanc.

Cette toile est une œuvre de qualité, réalisée par un jeune peintre talentueux appelé à devenir un Maître respecté. Les évènements politiques ont empêché le peintre de terminer son travail, ce qui l’a sans doute pénalisé lors de l’attribution des prix. Mais ce côté inachevé rend l’œuvre plus intéressante et émouvante car elle devient un document historique qui témoigne de son temps et de la sensibilité du jeune Léon Cogniet.

 


dimanche 13 décembre 2015

PONTOISE - M. Camille Pissarro



Musée Camille Pissarro
(département : Val d’Oise)

*A la fin du billet, des tableaux anciens dans les églises de Pontoise

Visite du musée Camille Pissarro le samedi 7 novembre 2015

Ce musée, conçu comme une extension du musée Tavet-Delacour, fut inauguré en 1980, pour rendre hommage au peintre impressionniste Camille Pissarro (1830-1903). Il est installé dans une maison bourgeoise de la fin du XIXe siècle, située à l’emplacement de l'ancien château royal de Pontoise, détruit en 1742 ; elle domine la vallée de l'Oise. Le parc de cette demeure est formé d’un plateau rocheux entouré de remparts.
Les œuvres, d’artistes du XIXe siècle ayant séjourné dans la région, sont présentées par rotations.
Le musée conserve également une riche collection d’œuvres sur papier.


Camille Pissarro (1830-1903) : Péniche sur la Seine (1864)

Charles-François Daubigny (1817-78) : Sous-bois à Valmondois (1877)

Gustave Caillebotte (1848-94) : Les Bords de Seine au petit Gennevilliers (1892)

Henri Matisse (1869-1954) : Nature morte aux Livres (1890)

Louis Hayet (1864-1940) : Paysage du Vexin (1889)

Louis Hayet : Fête foraine, la nuit (c. 1888)

Louis Hayet : Nature morte aux oranges (coll. privée)

Georges Manzana-Pissarro (3e fils de Camille Pissarro – 1871-1961) : Neige sur la Seine (1902)

Camille Pissarro : La Brouette, Verger (1874)

Paul Signac (1863-1935) : La Seine à Herblay (opus 214) (1890)

Lucien Pissarro (aîné des 7 enfants – 1863-1944) : La Forêt de Pins (1892)

Edouard Béliard (1832-1912) : Pontoise, Vue depuis l'écluse (1872-75)

Edouard Béliard : Promenade des fossés à Pontoise (1872-75)

Octave Linet (1870-1962) : Le Quai Bucherel à Pontoise
Octave Linet : Neuville-sur-Oise

Clovis Cousin (1818-89) : 2 toiles
William Thornley (1857-1935) : Vue du Chevet de St-Maclou

Auguste Moynier : L’Oise à Valhermeil (1882)

Ludovic Piette (1826– 78) : Le Marché à la volaille, place de l'Hôtel de Ville Pontoise (1878)

Ludovic Piette : Le Marché aux légumes, Pontoise, place du Petit Martroy (1876)

Ludovic Piette : Le Marché aux légumes, Pontoise, place du Petit Martroy (1876)

Ludovic Piette : Le Marché place du Grand Martroy (1876)

Ludovic Piette : Fête, boulevard des Fossés, Pontoise (1877)

Ludovic Piette : Vue prise en haut de la rue du Château (1875)




D’intéressantes peintures anciennes sont à découvrir dans les églises de la ville.

Dans la Cathédrale Saint-Maclou
La plupart des peintures conservées dans la cathédrale Saint-Maclou proviennent des établissements religieux, fermés à la Révolution.

Ec. française (17e) :  Le Couronnement de la Vierge. Huile sur toile.

d'après Pierre Mignard : La Montée au Calvaire. Huile sur bois. Copie anonyme d'une œuvre de Pierre Mignard du dernier quart du XVIIe siècle

Jean Jouvenet : La Déposition de la Croix (1708). Huile sur toile.
Cette œuvre a été donnée par le cardinal de Bouillon (1643-1715), abbé de Saint-Martin de Pontoise, aux Jésuites de la ville pour orner le maître-autel de leur chapelle consacrée à la Sainte-Trinité.
Après la dissolution de la Compagnie, en 1762, la toile passa en vente publique le 24 février 1765. Elle fut acquise par la confrérie de la Passion de Saint-Maclou, pour orner le retable de sa chapelle, commandé en 1740.

Ec. Française (17e) : Jésus et la Samaritaine. Huile sur toile attribuée à l'entourage de Philippe de Champaigne. 3,40 x 2 m.

Ec. Française (17e) : Le Christ et le paralytique à la piscine probatique. Huile sur toile attribuée à l'entourage de Philippe de Champaigne. 3,45 x 2 m.

Ec. française (17e) : Le Massacre de sainte Ursule et des 11 000 Vierges. Huile sur toile
-Anonyme (17e) : Saint François de Paule. Huile sur toile. 3 x 1,80 m
-Anonyme (17e) : Saint François et Saint Dominique arrêtant les traits de la justice divine Huile sur toile : 2,70 m x 1,90 m. Provient probablement du couvent des Cordeliers de Pontoise.
-Anonyme (18e: Dieu le Père. Huile sur toile. 2,00 m x 1,20 m. De provenance incertaine, mais ayant fait partie d'un retable.
-Louis de Malignon : Le Baptême du Christ (1893)

Dans le déambulatoire de la cathédrale Saint-Maclou 
Abraham Godijn, d'Anvers : Une série de sept tableaux peints à l'huile sur toile, représentant « les sept Sacrements » (Le Baptême du Christ, la Cène (Eucharistie), les Noces de Cana (Mariage), saint Pierre recevant les clés (Ordination), etc.), hauts de 1,20 m et larges de 1,50 m. Œuvres réalisées entre 1723 et 1724, provenant de l'abbaye Saint-Martin de Pontoise 

Dans la chapelle de la Passion, une belle "Mise au Tombeau" de 1550

 
Dans l’Eglise Notre-Dame

Ec. française (milieu 16e) : L’Adoration des Bergers. Huile sur bois. 92 x 69 cm.

Anonyme (18e) : La Sainte Trinité. Huile sur bois

Anonyme (16e) :L’Adoration des Mages.

Anonyme (17e) : La Bénédiction de Jacob. Huile sur toile. 2,30 x 2,05 m. Copie d'après la fresque peinte vers 1518 par Raphaël aux loges du Vatican. . Donné par le curé Louis Duval dans son testament de 1738

Giuseppe Caletti ? (17e) : Le Martyre de saint Sébastien. Huile sur toile. 2,00 x 1,20 m. Provient de l'abbaye Saint-Martin de Pontoise

Raffaello Vanni (1596-1657) (attr. à) : Le Mariage mystique de sainte Catherine d’Alexandrie. Huile sur toile. 1,70 x 1,35 m. Provient du carmel de Pontoise 

Noël Hallé (1711-81) : L’Agonie au jardin Gethsémani (1777). Huile sur toile. 2,92 x 1,94 m. Œuvre exécutée pour l'église du monastère des filles de la Visitation de Paris, donnée à l'église vers 1843.
François-André Vincent (1746-1816) : Un Saint recevant la confirmation, ou L'arrivée de saint Bruno à Grenoble (c. 1760). Huile sur bois. 1,07 x 0,66 m
-Un tableau représentant Jésus et les Docteurs (1647). Huile sur toile, haut de 143 cm et large de 103 cm, dans le style de Nicolas Poussin et de Jacques Stella
-Un tableau d'autel représentant L’Assomption (première moitié du 18e). Huile sur toile. 2,70 x 1,53 m. Dans le style de Jean Jouvenet et Charles Lamy

Ec. de Bologne (17e) : Vierge de l'Immaculée Conception. Huile sur toile

Ec. française (17e) : La Cène. Huile sur bois


Autres illustrations de l'église Notre-Dame de Pontoise


mercredi 9 décembre 2015

PONTOISE - Tavet-Delacour



Musée Tavet-Delacour
(département : Val d’Oise)

Visite le dimanche 8 novembre 2015

Ce bel hôtel particulier a été édifié à la fin du XVe siècle, par le cardinal et archevêque de Rouen, Guillaume d’Estouteville, pour le Grand Vicaire de Pontoise.
Cet hôtel, avec ses tourelles d’angle, ses toits en poivrière, ses fenêtres à meneaux et ses poutres intérieures, est un rare témoin de l’architecture civile de la fin du style gothique.
A la Révolution, l’Eglise vend cet édifice qui se transforme en préfecture, puis en tribunal civil.
En 1886, M. Tavet proposa à la ville d’y installer ses collections et d’y créer un musée. Le musée Tavet-Delacour conserve les collections historiques de la ville (non exposées).

Les collections du musée furent enrichies par la donation Otto Freundlich en 1968, constituée par le fonds d’atelier de l’artiste. Le musée Tavet-Delacour conserve l’ensemble le plus important au monde de ses œuvres.
Le Musée s’est depuis spécialisé en art moderne et contemporain, il a acquis ou reçu en don des œuvres de Hans Arp, Albert Gleizes, Geer van Velde, Aurelie Nemours, Masurovsky, Shirley Goldfarb, Jean Legros, Roger Chastel, Diego Giacometti, Auguste Herbin, Georges Valmier, Hans Reichel, Adolf Fleischmann, Pablo Gargallo ou Marcelle Cahn

Au rez-de-chaussée

Salle Otto Freundlich (1878-1943)
Ce sculpteur et peintre allemand, l’un des maîtres de la naissance de l’Art Moderne, fut, dès 1911, l’un des précurseurs de l’abstraction.
Victime du nazisme, il connut le triste privilège de voir ses œuvres figurer dans l’exposition « Die Entartete Kunst » (« L’Art dégénéré ») organisée par les nazis dès 1937 dans plusieurs grandes villes comme Munich ou Berlin. A la suite de cette exposition, nombre de ses œuvres conservées par les grands musées allemands furent détruites à partir de 1939.
Réfugié en France, il sera dénoncé (origine juive) puis arrêté en 1943. Déporté, il fut assassiné au camp d’extermination de Sobibor (Lublin-Maïdanek) en mars 1943.

Otto Freundlich : Composition (1938)

Diptyque (1937)

Composition (1941). Vitrail
-Otto Freundlich : Composition (1939). Tempera sur papier

Composition (1938). Huile/toile 

Composition (1931). Huile/toile
-Otto Freundlich : Composition inachevée
-Gravures et dessins...


Au premier étage : des œuvres d’artistes du XXe siècle (pour la plupart, abstraits)
Albert Gleizes (1881-1953)
Gunther Fruhtrunk
Jeanne Kosnick-Kloss (1892-1966) : 3 œuvres

-Aurélie Nemours - Shirley Goldfarb (1925-80)
-Jan-Meyer Roger : Sculpture en acier

Claude Pasquer : Cadence n°4 (1989-2000) (à gauche)
Josef Neuhaus (1923-99) : Plastik (1973). Acrylique sur bois
Günther Fruhtunk (1923-82) (sur le mur du  fond)

-Emile Gilioli (1911-77) : Belledone (1974). Acier poli

Otto Freundlich : Relief (1936). Bronze

Jean Arp (1886-1966) : Concrétion humaine (1935)

Leo Breuer (1893-1975) : Composition constructiviste (1951) (de gauche à droite)
-Cercles bleus (1950)
-Opposition vert-rouge-Vibration (1951-61)

-Sonia Delaunay (1885-1979) : 3 gouaches sur papier

Hernandez et Fernandez : 3 diptyques (1998). (2 sont visibles sur la photo)
Diego Giacometti (1902-85) : Console « aux grenouilles ». Bronze patiné

Georges Ayats : 5 acryliques sur toile
Diego Giacometti : Console « aux grenouilles », et 2 fauteuils « Têtes de Lionnes ». Bronze patiné

Klaus Staudt - Gudrun Piper
Guy de Lusigny : 3 gouaches sur papier
André Heurtaux (1898-1983) : Composition n° 75 (1953)
Joan Pala

Marcelle Cahn (1895-1981): 3 Sphères (1962) (à gauche)
Jean Gorin (1899-1981) : Composition n° 2 (1958) (à droite)

-Eve Gramatzki (1935-2003) – Jean Signovert - Heinrich Höerle (1895-1936)

Jean Arp (1886-1966) : Initiale d’une Tête (1960) (à gauche)
Shirley Goldfarb (1978) (à droite)

Geer Van Velde (1898-1977) : Composition (1962)

Pablo Gargallo (1881-1934) : Torse de jeune Gitan (1923)

Salle Henri Nouveau (1901-59) : plusieurs œuvres

-Carlos Cairoli (1926-95) : Translation (1982). Acier et plexiglas


Au second étage
Une exposition consacrée aux « céramiques Art Nouveau », acquises lors de l’Exposition Universelle de 1900. 


Dans le jardin
Otto Freundlich : Ascension (1929). Bronze